12 mars 2024 (Arusha, Tanzanie) – La Cour de justice de l’Afrique de l’Est (EACJ/CJAE) a ajourné l’audience prévue pour la demande d’une ordonnance de mesures provisoires au titre d’un certificat d’urgence déposé dans l’affaire de M. Morris Mabior Awikjok Bak, qui a été arrêté arbitrairement au Kenya et expulsé illégalement vers le Soudan du Sud. L’Union panafricaine des avocats (PALU) a demandé les ordonnances suivantes :

1. Fournir à la Cour des informations précises et crédibles sur le lieu exact où se trouve l’intéressé, M. Morris Mabior Awikjok Bak.
2. Fournir à la Cour l’assurance que les deux gouvernements défendeurs permettront à la famille, aux amis, aux associés, aux médecins et aux avocats de Morris d’entrer sans délai en contact avec lui ;
3. Fournir à la Cour les raisons de l’arrestation et du maintien en détention de M. Morris.

M. Morris Mabior Awikjok Bak, ressortissant du Soudan du Sud, ancien fonctionnaire et critique virulent de plusieurs responsables et institutions de l’actuel gouvernement du Soudan du Sud, a été enlevé dans son appartement de Chokaa, à Nairobi (Kenya), le samedi 4 février 2023, selon des témoignages. Avant son enlèvement illégal, M. Morris a cherché refuge au Kenya à la suite d’intimidations et de menaces dont il faisait l’objet pour avoir ouvertement critiqué et accusé de nombreuses personnes du gouvernement du Soudan du Sud, notamment le Général Akol Koor Kuc, Directeur général du Bureau de la sécurité intérieure (BSI) du Service de sécurité nationale (SSN), de se livrer à diverses activités criminelles, notamment la corruption ainsi que les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, la torture et les exécutions extrajudiciaires de citoyens sud-soudanais dans le pays et à l’étranger. M. Morris est un avocat expérimenté qui a dénoncé l’absence de démocratie, de bonne gouvernance ou d’État de droit, ainsi que la corruption endémique et les violations des droits de l’homme et des droits des peuples perpétrées par le gouvernement du Soudan du Sud.

Par ailleurs, il semblerait que le dimanche 5 ou le lundi 6 février 2023, M. Morris ait été illégalement expulsé vers Juba, au Soudan du Sud, et qu’à ce jour, il soit toujours détenu arbitrairement et au secret au siège du Service de sécurité nationale du Soudan du Sud (NSS), également connu sous le nom de ” Blue House/Maison Bleue “. Sa famille, ses amis et ses associés sont et restent extrêmement préoccupés du fait que sa vie puisse être en danger ou qu’il puisse être soumis à la torture ou à des traitements cruels, inhumains ou dégradants. À ce jour, il n’a pas été traduit devant un tribunal pour respecter ses droits à un procès équitable. Face à cet enlèvement illégal, PALU, le 24 février 2023, a demandé des ordonnances pour mesures provisoires urgentes à la Division de première instance contre les gouvernements du Kenya et du Soudan du Sud, concernant l’arrestation arbitraire, la détention illégale et la disparition forcée de M. Morris.

Un an s’est écoulé depuis le dépôt de la demande, et lors de l’audience entre les parties, à la suite d’une demande d’ajournement à une date ultérieure formulée par l’avocat du premier défendeur, qui affirmait ne pas avoir reçu les documents du requérant en temps voulu, malgré les preuves soumises au tribunal par le requérant, l’EACJ/la CJAE a ordonné l’ajournement et les parties ont convenu de dates spécifiques pour le dépôt de leurs mémoires et de leurs conclusions. Il a également été convenu de faire diligence pour éviter d’autres retards, dans l’intérêt de la justice. Les dates de l’audience reportée seront communiquées par le Greffe de la CJAE.

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