SA MISSION

1. INTRODUCTION


La création de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), survenue à l'aube des indépendances africaines a suscité de nouveaux espoirs chez les panafricanistes. Ainsi donc, l'Afrique était résolument engagée sur la voie de l'union à l'échelle continentale. Cette union offrait l'occasion de consolider la nouvelle indépendance politique, de promouvoir la coopération et le développement économique et de combattre le néo- colonialisme. L'accent était alors mis sur le processus socio - économique et politique duquel la société civile était exclue.

Les organisations professionnelles devinrent de ce fait de simples spectatrices. En effet, les juristes africains, comme organisation, n'ont pas été impliqués dans l'élaboration des instruments juridiques importants tels que la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.

Toujours mus par un élan panafricaniste, les avocats africains se sont regroupés en associations professionnelles, qui reflétaient leur passé colonial immédiat. C'est ainsi que deux principales ont pu émerger: la African Bar Association, regroupant les barreaux de tradition anglo-saxonne ou de Common Law, et l'Union africaine des Avocats pour les avocats francophones et des pays de tradition latine.

L'absence des avocats africains! dont la grande compétence a pourtant été maintes fois reconnue lors des situations où ils doivent jouer les premiers rôles devient problématique, sinon tout simplement inquiétante. La tenue de la conférence de Durban sur le racisme, des forums sur la création d'une Cour africaine des droits de j'homme, la mise en place d'un appareil judiciaire transnationale, et ce en l'absence d'un barreau transnational, sont autant de cas qui ont permis de tirer la simple conclusion selon laquelle il est grand temps de concrétiser l'idée d'une Union panafricaine des avocats, libérée de joug de la colonisation.


La mondialisation et tous les autres moteurs d'intégration tant au plan mondial qlJ'au niveau du continent africain, nécessitent la participation d'une Union panafricaine des avocats forte, parlant d'une même voix et affranchie de toute emprise colonialiste ou néo- colonialiste. Les avocats africains ont besoin de parler le même langage, et ce dans le cadre d'une association qui servira de trait d'union avec les associations professionnelles nationales et régionales.

La naissance de l'Union africaine apporte une nouvelle impulsion à la création de l'Union panafricaine des Avocats. Une telle Union à vocation africaine devra forcément se fonder sur les principes de l'Etat de droit et par conséquent, oeuvrer pour la prospérité, la liberté et le développement des peuples africains. Elle ne saurait se bâtir sans la participation active de toute la société civile africaine. A cet égard, l'Union panafricaine des Avocats doit reconnaître qu'elle a un rôle de premier plan à jouer dans l'évolution de l'Union africaine, ainsi que dans le développement social et économique du continent. Telle devrait être sa vision.

2. VISION

Une Union panafricaine des Avocats forte, parlant d'une même voix et libérée de toute emprise colonialiste et néo-colonialiste eu égard au régime du droit, à la liberté et au développement des peuples africains. La restauration des régimes démocratiques et de l'Etat de droit dans nombre de pays africains et le renforcement des pouvoirs de la société civile ont désormais rendu indispensable la renaissance d'un forum d'avocats véritablement panafricain. La promotion des principes du droit, de la liberté et du développement des peuples africains par une action commune.

3. OBJECTIFS

a-        Créer une Union forte et dynamique, regroupant tous les avocats du continent, en vue de contribuer directement au développement social, politique et économique, ainsi qu'à la réalisation de plus d'unité et de solidarité entre les pays africains et entre leurs peuples.
b-        Promouvoir et encourager l'er1traide dar1s le cadre des relations sociales et professionnelles, par des échanges d'idées entre les barreaux et associations d'avocats du continent africain.
c-         Oeuvrer pour l'amélioration de l'administration de la justice en Afrique, en préconisant l'indépendance du judiciaire et des magistrats, l'indépendance des avocats, des barreaux et associations d'avocats, et en favorisant le développement et l'avancement de la connaissance et de l'enseignement du droit dans les institutions universitaires.
d-        Susciter une prise de conscience et un respect accrus de l'Etat de droit et des droits fondamentaux humains, la promotion des réformes juridiques et l'harmonisation des systèmes, et la promotion de la bonne gouvernance en Afrique.
e-        Mettre au point des systèmes effectifs de respect de la dignité humaine et de défens~ des droits de l'homme sur le continent, et assurer des systèmes effectifs d'assistance juridique au public.
f-          Promouvoir la coopération avec d'autres organisations internationales partageant les mêmes objectifs, et mettre au point et exécuter des programmes et projets communs.
g-        Oeuvrer  pour le progrès et la consolidation de l'Union africaine au regard de l'Etat de droit. Pour permettre à l'Afrique de faire valoir ses droits en ce 21eme siècle, les avocats africains doivent se positionner au premier rang de la société civile, en quête du bien-être des peuples africains.
Telle est la mission que doit s'assigner une Union panafricaine des avocats renaissante. Pour mener à bien cette tâche, elle doit avoir des membres déterminés à vaincre les obstacles liés aux longues distances, aux coûts élevés et aux barrières linguistiques.

    Veuillez cliquer ici pour telecharger